Mercredi 29 Juillet 1998

 

Nous avons survécu à une 1ère nuit, certes courte (13h), mais réparatrice. L'endroit fut calme, sinon Benjamin qui m'a réveillé à plusieurs reprises dans la nuit. Nous avalons nos tartines pour pouvoir repartir vers de nouvelles aventures. Et ce n'est pas un vain mot, car nous devons aller contre le vent, avec un succès qui nous étonne, puis porter nos affaires sur 1km340, un calvaire qui nous forcera à abandonner puis à rechercher mon sac au 542ème mètre et la tente au 682ème. Bref, nous établissons notre bivouac déjeuner 150m après avoir remis le bateau à l'eau. Du fait de notre vitesse de pointe époustouflante, nous arrivons au terrain de camping à 15h30. Seul problème, nous ignorons totalement si l'endroit que nous occupons fait partie de la zone que nous sommes en droit d'occuper. Une fois bien installé, Ben décide d'aller se baigner. Après une première tentative avortée, il réessaye mais nouveau constat d'échec. Mais la troisième sera la bonne. Et sinon la complainte de Benjamin sur la température de l'eau frisquette de l'eau, je n'entends plus que le cricket qui ronronne et le battement suave de ses pieds dans l'eau. Tandis qu'il joue au poisson, je jouie d'un bain de soleil bien mérité.

Alors que nous n'avons mangé qu'une partie de notre dîner, l'appétit vient à nous manquer. Et c'est dans sa quête sans fin d'actions que Ben décide d'aller faire, seul, un tour de canoë qui s'avère autant un numéro d'équilibriste qu'un petit tour tranquille. J'apprécierais tout de même qu'il rentre pour que nous puissions regagner demain le monde des humains et quitter celui des ours.

C'est alors - il s'éloigne et le soleil n'en fini pas de descendre - que je me mets à penser.

Aussi loin que porte le regard, il ne croise que de l'eau et des arbres frissonnants aux multiples formes et tailles. Cet environnement nous ferait presque oublier qu'ailleurs, une civilisation s'agite pour bétonner toujours plus. Ce calme et ces longues nuits offrent probablement autant au repos du corps qu'au repos de l'âme.

Le coucher de soleil sur le lac nous régale encore d'un festival de couleurs. Lorsque la nuit tombe, nous nous essayons à un petit feu que Ben éteindra par "tous les moyens" au premier ronronnement du moteur d'un bateau car la chose est interdite en ce moment.

C'est finalement l'heure d'aller se coucher (22h03) et de mettre le réveil, cette chose infâme, à 7h30.

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